La vision Handeway

 

Le partage d’expériences de chacun pour la réussite des autres

 

Dans un contexte de création de nombreux dispositifs pour l’autonomie, dont la complexité principale est de rester accessibles et envisageables pour les personnes, ce projet a pour but de rendre à chacun le pouvoir de choix, de décision et d’organisation de son quotidien par une démarche complète.

Un projet qui s’inscrit dans l’histoire des politiques handicap

boom_2012_2_1_49-uf01Handeway inscrit sa réflexion sur le handicap et la société comme liée au mouvement en faveur de la vie autonome (Independant Living) alors théorisé pour la première fois dans les années 1960 à Berkeley en Californie.

Ainsi, la notion de vie autonome est bien antérieure à la convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées du 13 novembre 2006 (CRPD). Cette notion a certainement joué un rôle dans l’adoption de la convention des Nations Unies, y compris l’article 191 et tous les autres articles qui reconnaissent la vie autonome comme un droit de l’Homme.

D’autre part, le mouvement pour la vie autonome est donc aussi bien antérieur à la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. D’ailleurs, la vision et les concepts choisis pour donner corps à cette loi puisent dans les principes de vie autonome. Ainsi, et afin de garantir aux personnes handicapées le libre choix des projets de vie grâce à une compensation des conséquences du handicap et à un revenu d’existence favorisant une vie autonome digne, la loi met en place, entre autres, deux outils financiers, la Majoration pour la Vie Autonome et la Prestation de Compensation pour le Handicap.

Ces premiers pas vers l’autodétermination permettent une véritable coopération, entente, et adéquation entre la vision de la société que défend Handeway et celle mise en place par les politiques publiques.

 

8071069d51b652e28f1e52282d372948Le 3 décembre 2015, au siège de la Croix-Rouge, une rencontre entre la secrétaire d’État en charge des personnes handicapées et de l’exclusion, Mme Ségolene Neuville et l’équipe Handeway a permis de confirmer ces liens et cette vision commune de la société.

Celle-ci a d’ailleurs précisé qu’Handeway « va dans le sens de ce que nous essayons de construire chaque jour, à savoir une prise en compte beaucoup plus importante des personnes dans la construction de la société et des politiques publiques ».

 

En effet, l’autodétermination, centrée sur l’indépendance de la personne, la vie autonome et l’interdépendance des acteurs sont des concepts qui fonctionnent ensemble et des valeurs que défend Handeway.


NOS OBJECTIFS : changer les mentalités et proposer une solution innovante

« La réalité vraie n’est jamais la plus manifeste ; la nature du vrai transparait déjà dans le soin qu’il met à se dérober » – Claude Lévi-Strauss.

lwl_break_curb_t700Le handicap est un point de vue, il n’est pas une personne. En d’autre terme la personne en situation de handicap ne constitue pas une espèce à part. Ainsi, la mission d’Handeway consiste à préciser que le handicap – situation singulière que chacun est susceptible de vivre à un moment de son existence – amène à vivre des expériences particulières, part de l’identité de chacun et participant pleinement à la diversité de la société.

Cela demande une mobilisation générale, positive, dynamique, sans distinction ni catégorisation de toutes les compétences et tous les réseaux porteurs d’initiatives car, pour que son résultat soit durable, le mouvement doit être constructif et moteur de rassemblement. En effet, quelle serait la valeur sociale d’un projet pour la participation totale de personnes en situation de handicap dans une société hétéroclite si ce projet est construit et représenté uniquement par des personnes en situation de handicap ?

Notre point de vue est partagé et soutenu par la Croix Rouge Française

rosenthal-disabledinactionDans le respect des valeurs de la Croix-Rouge, que les fondateurs de Handeway affirment avec la sincérité du vécu, ce projet entreprend la lourde tâche de sa génération à concrétiser et à faire intégrer le fait que les personnes en situation de handicap sont bel et bien présentes, volontaires et compétentes.

La génération à l’initiative de ce projet est héritière d’une Histoire et d’un passé communs qui considéraient les « infirmes » comme marginaux, touchés par le mal, incapables d’entreprendre et de participer, nécessiteux d’une protection absolue, mais qui a vu la naissance d’une volonté puissante d’autonomie, d’une affirmation majeure et de preuves contradictoires irréfutables. De fait, l’innovation réside dans le fait qu’il faut mettre en pratique ce que les lois et les mœurs ont finalement accepté il y a peu.


NOTRE VISION : rendre à chacun le pouvoir de sa vie

C’est par un travail de tous et commun entre la société civile et les politiques publiques qu’Handeway s’engage, afin de construire des solutions sur le long terme pour qu’un parcours de vie sans rupture, autonome pour les personnes en situation de handicap et pour leurs proches soit possible.

Ulis-inclusion

 

Et c’est justement la mission de ce projet :

  • réduire considérablement les situations d’isolement physique et psychologique
  • permettre aux personnes d’entreprendre une activité professionnelle qui correspond à leurs ambitions et à leur parcours
  • compenser et soutenir la fatigabilité liée à des démarches administratives récurrentes et longues, tout en incluant les services, prestataires, institutions, administrations, dispositifs publics et privés dans une démarche d’autonomie et de respect de la liberté des personnes


NOS AMBITIONS : échanger, partager, ouvrir

Une plateforme : l’accessibilité permanente

Handeway se veut d’être accessible tout le temps depuis n’importe quel endroit pour répondre à une situation donnée à un instant T, ce qui peut d’ailleurs résoudre une problématique sur la durée. Par exemple, si un utilisateur rencontre un problème imprévu de transport et que la plate-forme lui permet de mobiliser des ressources aux alentours pour le résoudre, il sera ensuite en capacité de faire face à cette contrainte au quotidien. De fait, la contrainte n’en est plus une.

L’acceptation de soi et des autres

Ce fonctionnement permet de motiver la prise de risque ou de chance par le dépassement et l’acceptation. D’abord, l’acceptation de soi et de sa situation, mais aussi l’acceptation de l’autre dans son espace. Cela peut avoir un très fort impact sur la vie sociale qui, on le sait, est la réponse principale à l’isolement.

L’international

Encore une fois, cela s’inscrit dans le fonctionnement indéniable d’interdépendance. C’est pourquoi, bien que la réalité et la fiabilité de ce projet nécessite une approche progressive, il a pour ambition de s’étendre à l’international.

Non pas par actions localisées, mais par la centralisation et l’échange longue distance des besoins, des ambitions et des initiatives.

L’indépendance par l’interdépendance

En prônant l’indépendance par l’interdépendance, Handeway rejoint les travaux de l’anthropologue Charles Gardou2, précisant que la compréhension du handicap ne peut être que plurielle. « Cela permet de situer le handicap à la hauteur où il requiert d’être pensé, tant du point de vue des approches, des disciplines, des paradigmes, que des méthodes ». Tout comme le mouvement des nouvelles Lumières sur le handicap mené par Charles Gardou, Handeway rejette une vision binaire du handicap due au particularisme de la question « qui scinde l’Humanité en humanités spécifiques. Faute de considérer l’humanité comme une pièce unie, aussi tramée de singularités soit-elle ».

L’initiative personnelle pour le bien de tous, au quotidien

L’efficacité du principe se constate aisément dans de nombreux domaines et dans des cas pratiques de la vie courante, comme la formation, le travail, l’effort, le changement : c’est par la pratique récurrente et la persévérance que les principes fondamentaux peuvent s’installer et s’enraciner durablement dans une société qui a déjà des fondements solides et affirmés.

Prenons l’exemple de l’éducation, car au fond, et comme expliqué plus haut, il s’agit de rééduquer un esprit commun, mais surtout la génération actuelle sur des notions complexes pour que cette génération puisse éduquer les prochaines.

Affirmer des valeurs n’a de sens que si elles résonnent dans le cœur et l’esprit de chacun. Bien au-delà du fait de porter le handicap comme une marque d’identité et une source de compétences, il est question de reconnaître chaque individu comme potentiellement singulier.

Cette mission s’engage par une complémentarité des objectifs, aussi bien dans un travail de fond que dans des actions concrètes. Parce que toute mission réussie passe forcément par la sensibilisation, dans ce projet, ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui sensibilisent par leurs initiatives et surtout leur participation et leur relation avec autrui. Il s’agit de mener la sensibilisation par la pratique plutôt que l’inverse.

Ne pas faire à la place : le don contre don

L’équipe Handeway conseille mais ne fait pas à la place. En effet, la logique du don contre don, développée par Marcel Mauss3, répond directement aux ambitions d’autonomie. Si chacun partage son expérience avec l’autre, celui-ci sera capable en retour de faire bénéficier de son expérience à d’autres et d’échanger.

 


1 L’article 19 affirme le droit des personnes handicapées de choisir librement leurs conditions de vie (où, comment, avec qui), un premier pas vers l’autodétermination, sur laquelle repose la notion de vie autonome
2 Charles Gardou et des spécialistes de 24 disciplines – Handicap une encyclopédie des savoirs – Des obscurantismes à de Nouvelles Lumières
3 Marcel Mauss, Essai sur le don. Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques
 
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